F1 : Souvenirs vs réalité

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Re: F1 : Souvenirs vs réalité

Message par JM 30 le Dim Déc 16, 2018 7:15 pm

Ce jour là, du GP de Spa 1998, Coulthard n'était vraiment pas dans un bon jour. Au premier départ, il part en travers à la sortie de "la source", et déclenche la panique derrière, créant le plus gros "big one" en F1 avec 13 victimes. Heureusement qu'il y avait des mulets pour un 2e départ...

Au 1er tour du 2e départ, il s'accroche avec Wurz et perd un temps infini. Il repart, a un rythme peu rapide, jusqu'à se prendre un tour par Schumacher. Lequel le percute puis l'accuse d'avoir ralenti sur la trajectoire alors que la visibilité est nulle. Il répare son aileron arrière, et là, miracle, la voiture retrouve du rythme, il suit allègrement les 2 Jordan de tête en empêche du coup Alesi de tenter de s'approcher.

L'attitude de Coulthard fut étrange le long de cette course, mais on n'a jamais eu vraiment de déliage de langue plusieurs années après. Donc peut-être rien de plus qu'une accumulation de malchance. Par contre, débarrassé d'Hakkinen depuis le 1er virage, Schumacher aurait pu se montrer plus prudent sur ce coup là.

Après, pour moi, il y a plusieurs choses qui rendent la F1 différente de ce que ce fut.

-La personnalité des pilotes. Et pourtant aujourd'hui avec des Raikkonen ou Hamilton, on a encore des gens un peu spéciaux. Mais le reste du paquet reste composé de personnages dont les réponses aux interviews ou leur attitude est dramatiquement dicté par les spécialistes en communication. Jusqu'à la fin des années 90, je trouve qu'on avait encore des humains, pas des robots marchands de sponsors. Dans mes sensations, le premier que j'ai senti comme franchement formaté, ça a été Heidfeld.

-La personnalité des patrons. Ron Dennis, Frank Williams, Jean Todt... soit ils ont fondé leur équipe parce qu'ils aimaient la course, soit ils sont devenus gestionnaires après avoir déjà sévi comme copilote ou quelque chose de ce genre. Briatore fut le premier patron moderne purement gestionnaire, mais sa personnalité pouvait être attachante. Désormais, on a soit des caprices de milliardaires auxquels il n'est pas toujours facile à s'attacher, soit des gestionnaires purs. Pas facile de devenir supporter ainsi de dirigeants, et ensuite de leur équipe. Un nom seul, ça n'est pas toujours suffisant.

-Les circuits. Là par contre, on est pas si mal aujourd'hui. N'oublions pas l'intérêt pas toujours évident des circuits nés dans les années 80/90 (Nurburgring moderne, Magny-cours, Barcelone...) alors que Tilke nous a pondu quelques trucs plus intéressants depuis. Mais pas tous, et dommage qu'ils aient tendance surtout à se ressembler. Par contre, toujours la même chose: les abords moins sécurisés jadis ne pardonnaient pas les fautes et faisaient ressortir l'adresse des meilleurs pilotes. Et donnaient des sensations de vitesse ou de maitrise plus importantes.

-les voitures, la fiabilité. La première chose, lorsque j'ai acheté mes premiers magasines en 1989, il y avait 40 voitures. Je rêvais qu'un jour, il y aurait les miennes au milieu... mrgreen Le nombre a chuté assez vite ensuite, mais surtout le ticket d'entré est devenu prohibitif. Avant la mise en place d'un numérus closus qui rend compliqué l'accès à une nouvelle équipe. Avant, celles-ci venaient des disciplines inférieures. A partir de Simtek, ça a commencé à être différent.
Autre aspect, la fiabilité était plus aléatoire et permettait des surprises. Malgré une technologie très complexe aujourd'hui, la chose devient bien plus rare. Enfin, les autos jusqu'à la fin des années 90 étaient plus simples et peut-être plus pures. Sans compter que jusqu'à fin 97, les motorisations étaient diversifiées, ce qui apportait un spectacle sonore plus varié.

-Autour de la F1. Une discipline fait aussi rêver selon la manière dont elle est retranscrite. Aujourd'hui, tout passe par internet et l'information instantanée. Il manque aujourd'hui un coté "romantique", des journalistes à la belle plume qui savaient avec des mots donner toute une connotation à une situation présente ou passée. C'est peut-être une des causes du manque de portée du duel Hamilton/Vettel, qui devient pourtant une part d'histoire dans la F1. Si la qualité des commentaires peut être contestée, la voix de Moncet à la télé, c'était quelque chose. Comme d'autres dans d'autres situations à la télé ou à la radio. Van Vliet ça allait encore. Mais après, comme ailleurs, le ton de la voix n'a plus été une qualité recherchée à l'évidence.

-Les courses. C'est clair, elles sont plus dynamiques qu'il y a 20 ou 30 ans. Mais moins que qu'au début des années 2010, ou certaines valaient le coup, avec en point d'orgue, des dépassements dans le Raidillon (Alonso-Webber par exemple), qu'on voit moins. Par contre, la part des commissaires est devenue trop importante. S'il y a du positif comme la sécurité en cas de trop grosse pluie et une meilleure constance dans les sanctions (ça laissait encore à désirer dans les années 90), c'est devenu trop intrusif et notamment pour la pluie, ça a enlevé des possibilités de surprise. ça casse la course de pilotes, sans pour autant combattre des comportements dangereux.

Pour moi, on a le plus souvent des saisons avec 6-8 courses bonnes voire très bonnes par an depuis je dirais 1994. Avec quelques années creuses tout de même (2002, 2004 notamment). Donc c'est presque constant. Après, ce que je considérais comme bien en 95 par exemple (Silverstone) serait ennuyeux aujourd'hui, signe que l'action est plutôt monté. On ne peut pas avoir un Dijon 1979 tout le temps, surtout que ceci n'a duré que 2 tours... et que si l'exceptionnel devient la norme, il fini par devenir ennuyeux et il vaut mieux éviter l'escalade.
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Re: F1 : Souvenirs vs réalité

Message par Satoru le Dim Déc 16, 2018 10:38 pm

JM 30 a écrit:

Après, pour moi, il y a plusieurs choses qui rendent la F1 différente de ce que ce fut.

-La personnalité des pilotes. Et pourtant aujourd'hui avec des Raikkonen ou Hamilton, on a encore des gens un peu spéciaux. Mais le reste du paquet reste composé de personnages dont les réponses aux interviews ou leur attitude est dramatiquement dicté par les spécialistes en communication. Jusqu'à la fin des années 90, je trouve qu'on avait encore des humains, pas des robots marchands de sponsors. Dans mes sensations, le premier que j'ai senti comme franchement formaté, ça a été Heidfeld.

Pourtant, la génération Schumacher-Hakkinen, dans le genre robinet d'eau tiède incapable de dire autre chose que ce que l'attaché de presse soufflait par derrière, c'était pas mal. La génération actuelle est bien moins corporate.

Donc pour le coup, on est pile dans un exemple où la mémoire déforme la réalité.
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Re: F1 : Souvenirs vs réalité

Message par JM 30 le Lun Déc 17, 2018 7:35 pm

Oui, mais il peut y avoir aussi le moment ou les séquences arrivent dans nos vies personnelles. Parfois, des épisodes nous marquent plus parce que l'on vient tout juste de s'intéresser à la F1, et on peut avoir tendance à mieux les retenir par la suite même s'il ne se passe pas grand chose que la suite même si elle est intéressante.

1994 fut une saison charnière, avec la fin de l'ère Senna/Prost les monstres sacrés et le début du duel Schumacher/Hill. Moins grand car opposant 2 hommes moins charismatique, les polémiques entre l'allemand et l'anglais ont permis de mettre ces 2 en valeur plus que s'ils avaient dominés l'un l'autre tout seul. Même chose pour Schumacher/Hakkinen, avec une histoire qui remontait à la F3 à Macao. Hakkinen ne disait pas grand chose, mais je trouvais qu'il avait une certaine présence. Alors qu'étrangement, Irvine l'ouvrait souvent, mais il n'a pas eu la capacité à fédérer, notamment chez Jaguar.

Le truc aussi qui n'aide pas à la déformation de la réalité, c'est l'époque actuelle qui impose la consommation immédiate et la F1 n'y échappe pas, avec, en tout cas dans la couverture de Canal+, bien peu de rappel de l'histoire de la F1. Quelques reportages uniques (Monaco, Castellet), et pas beaucoup plus. Ceci a tendance à me faire oublier ce qui s'est passé ces 15 dernières années alors que je me souviens très bien de ce qu'il y avait avant. Les revoir en boucles, notamment par les cassettes TF1 de 94 à 2002, permet de garder des souvenirs. Puis il n'y a plus rien eu avant les films de saison sur C+.
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Re: F1 : Souvenirs vs réalité

Message par Satoru le Lun Déc 17, 2018 8:32 pm

JM 30 a écrit: Hakkinen ne disait pas grand chose, mais je trouvais qu'il avait une certaine présence.

Il était surnommé "Empty Helmet" à l'époque. Ce qui en dit quand même assez long sur ce qu'il dégageait (ou ne dégageait pas...) en dehors de la voiture.

Alors attention, hein, j'adorais Mika Hakkinen, qui était mon pilote préféré dans les années 1990, et cela depuis ses années Lotus. Mais si le pilote était excellent, le personnage était fadasse au possible, avec un discours archi consensuel et formaté.
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